En Passant est l’unique pièce de théâtre écrite et publiée en 1944 par Raymond Queneau à la demande d’Albert Camus et jouée en 1947 au théâtre Agnès Capri dans une mise en scène de Pierre Gout. Raymond Queneau définit cette pièce comme : « Un plus un acte pour précéder un drame ». En réalité, En Passant ne répond qu’à un enjeu modeste : la pièce est prévue comme un lever de rideau précédant La vie que je t’ai donnée, une tragédie de Luigi Pirandello. Pourtant, En Passant représente une véritable prouesse poétique qui vient ajouter une pierre à l’édifice littéraire de Raymond Queneau et qui doit être considérée comme une pièce à part entière.
En passant est constitué de deux actes symétriques dans lesquels les personnages, les dialogues et les péripéties se font écho. Dans le premier acte, une femme tombe sous le charme d’un passant sous l’œil de son mari et d’une mendiante. Dans le second acte, un homme s’échappe en rêve avec une passante sous l’œil de sa femme et d’un mendiant. Raymond Queneau, fondateur de l’Oulipo en 1960 avec François Le Lionnais, se fixe ici une contrainte mathématique empruntée à ce mouvement : la symétrie des actes, la répétition et la nuance, l’égalité des sexes, l’inversion des sexes, des structures égales et des vers égaux. Dans la structure mathématique, Queneau fait intervenir le rêve, la poésie, l’insouciance, l’imaginaire et l’irréel. C’est donc avec talent que l’auteur mêle le rationnel à l’irrationnel.
Les deux scènes se situent dans le métro parisien et s’ouvrent sur un couple épuisé de s’aimer, pour lequel la tendresse a cédé sa place à la lassitude. Dans le premier acte, c’est la femme qui tient son couple à bout de bras en rêvant d’aventures passionnelles alors que son mari se laisse vivre et se satisfait mollement de ce qu’il a. Dans le second acte, c’est l’inverse. Le rêve et le voyage interviennent lors de la rencontre avec le passant puis avec la passante. Les rencontres commencent bêtement par un « avez-vous l’heure s’il vous plait ? », puis, de fil en aiguille, on discute, on rit, on se plaît, on fait des projets et on s’aime. Queneau nous fait vivre les émotions sur quelques années d’une couple habituel en trente minutes seulement. Les deux actes sont les mêmes, mais les mots changent. L’auteur torture comme à son habitude magnifiquement la langue française. Il nous transporte dans des pays exotiques avec une telle émotion dans les mots que le lecteur peut sentir l’odeur de la pastèque et la chaleur humide des soirs de septembre
:
« Le passant : Les nuits viendront, alors les nègres musiciens taperons sur leurs calebasses et souffleront dans leurs cuivres jusqu'à ce qu'enfin le jour sorte à l'horizon en hissant hors des ténèbres sa grosse chaude boule rouge lumineuse.
Irène : Nous arriverons dans ces pays où nous n'aurions jamais espéré vivre avec leurs villes plus larges que des Paris, leurs avenues plus palmées que la procession du jour des rameaux, leurs métros en or fin et leurs taxis d'argent. »
Cependant, quand la sonnerie du dernier métro retentit, les personnages sont brutalement tirés de leur rêverie, rattrapés par leurs complexes, leurs soucis et leurs impératifs moraux. Ainsi, les couples se reforment et repartent tristement vers leur routine tandis que le passant puis la passante concluent en disant : « Qu’est-ce que vous voulez… je ne faisais que passer… ». La pièce est décalée, magnifique et irréelle à la fois. Elle est absurde bien que, cependant, chacun ait imaginé un tel coup de foudre et une telle évasion passionnelle une fois dans sa vie.
Raymond Queneau, né au Havre (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime) le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976, est un romancier, poète, dramaturge et mathématicien français, cofondateur du groupe littéraire Oulipo.
这本书最令我震撼的是其对人物动机的挖掘深度。很多小说中的角色往往是概念的符号,但这里的每一个人,无论戏份多少,都像是从真实生活中走出来的,带着无法完全被理解的矛盾性。作者从不急于给出简单的道德评判,而是将人物推入极端情境,让他们自己的选择来定义自己。我尤其对那个配角A(此处代指一个令我印象深刻的角色)的挣扎感同身受,他那些看似微不足道的犹豫和妥协,却构筑了整部作品最坚实的悲剧内核。阅读过程中,我好几次因为理解了某个角色的不得已而感到一阵心酸。这本书的伟大之处在于,它让你在合上书本后,依然能清晰地“听见”这些角色的声音,他们仍在你脑海中继续他们的故事。
评分这本书的阅读体验犹如攀登一座高耸入云的山峰,过程是艰辛的,但登顶时的视野却是无与伦比的开阔。它探讨的议题宏大而沉重,涉及到时间、记忆与身份的本质追问,但作者始终保持着一种冷静的叙事姿态,不让主题压垮故事本身。我特别喜欢作者在描绘那些哲学思辨场景时,依然能紧紧抓住人物的情感脉络,让冰冷的理论在热烈的生命体验中得以具象化。全书的氛围是压抑中带着希望的,像是在深海中看到一丝微弱的光束。它挑战了我们对“已知”的固有认知,迫使我们重新审视那些我们习以为常的逻辑和常识。读完后,我感觉自己的思维被拉伸、被重塑了一遍,这才是真正有价值的阅读成果。
评分我必须得说,这本书的结构布局简直是一场精妙的建筑设计。章节之间的过渡自然流畅,但信息量的递进却充满张力。作者对于叙事视角的切换运用得炉火纯青,一会儿是局外人的冷峻观察,一会儿又瞬间切换到人物最私密的内心独白,这种切换非但没有造成阅读的混乱,反而极大地丰富了故事的层次感和立体感。我发现自己常常因为一个不经意的细节而对后续情节产生全新的猜测,这种持续的智力博弈是阅读体验中非常宝贵的组成部分。尤其赞赏的是,作者在处理宏大背景与个体命运交织时所展现出的平衡感,没有让任何一方显得单薄或喧宾夺主。它让你在享受故事的同时,也不由自主地开始审视自己所处的时代和周遭的世界,那种回味无穷的体验,不是一本快餐读物能给予的。
评分这本书的开篇就有一种让人沉浸其中的魔力,作者仿佛是一位老练的导游,带着我们穿梭于一个既熟悉又充满未知的世界。我尤其欣赏他对环境细节的描绘,每一个角落都仿佛被精心打磨过,充满了生活的质感。那种细腻入微的观察力,让角色的内心世界也随之栩栩如生地展现在我们面前。故事的节奏把握得恰到好处,紧张与舒缓交替,引人入胜。读到中期时,情节的转折点设计得极其巧妙,让我不得不停下来反复揣摩其中的深意。它不仅仅是一个故事,更像是一面镜子,折射出人性的复杂与光辉。这本书的语言风格非常成熟,句式多变,时而如诗般优美,时而又像利剑般直指人心。对于喜欢深度思考的读者来说,这本书绝对是不可多得的佳作,它提供的远不止是阅读的愉悦,更是一种精神上的洗礼和启迪。
评分坦率地说,我是一个比较挑剔的读者,尤其对那些故作高深的文学作品不以为然。然而,这本书却成功地以一种近乎平实的叙述方式,包裹了一个极其深刻和复杂的主题。它的语言是克制的,没有过多的华丽辞藻去堆砌气氛,但每一个词语的选用都像是经过千锤百炼,精准地击中了要害。它的韵律感非常特别,读起来有一种老式胶片放映时发出的稳定“咔嗒”声,节奏稳定但暗流涌动。更让我欣赏的是,作者似乎很了解“留白”的艺术,许多关键的转折点和情感爆发点,他都选择轻轻带过,把最核心的解读空间留给了读者自己去填充。这种信任读者的写作手法,极大地提升了作品的互动性和生命力。
评分 评分 评分 评分 评分本站所有内容均为互联网搜索引擎提供的公开搜索信息,本站不存储任何数据与内容,任何内容与数据均与本站无关,如有需要请联系相关搜索引擎包括但不限于百度,google,bing,sogou 等
© 2026 book.wenda123.org All Rights Reserved. 图书目录大全 版权所有