PRÉFACE de l'auteur
Les ruines elles-mêmes du monde grec nous enseignent de quelle façon la vie, dans notre monde moderne, pourrait nous être rendue supportable. ——Richard Wagner.
L'érudit Prodicos de Céos, qui florissait vers la fin du Ve siècle avant notre ère, est l'auteur du célèbre apologue que St Basile recommandait aux méditations chrétiennes, Héraclès entre la Vertu et la Volupté. Nous savons qu'Héraclès opta pour la première, ce qui lui permit d'accomplir un certain nombre de grands crimes, contre les Biches, les Amazones, les Pommes d'Or et les Géants.
Si Prodicos s'était borné là, il n'aurait écrit qu'une fable d'un symbolisme assez facile; mais il était bon philosophe, et son recueil de contes, les Heures, divisé en trois parties, présentait les vérités morales sous les divers aspects qu'elles comportent, selon les trois âges de la vie. Aux petits enfants, il se plaisait à proposer en exemple le choix austère d'Héraclès; sans doute aux jeunes gens il contait le choix voluptueux de Pâris; et j'imagine qu'aux hommes mûrs il disait à peu près ceci:
—Odysseus errait un jour à la chasse au pied des montagnes de Delphes, quand il rencontra sur sa route deux vierges qui se tenaient par la main. L'une avait des cheveux de violettes, des yeux transparents et des lèvres graves; elle lui dit: «Je suis Arêtê.» L'autre avait des paupières faibles, des mains délicates et des seins tendres; elle lui dit: «Je suis Tryphê.» Et tous deux reprirent: «Choisis entre nous.» Mais le subtil Odysseus répondit sagement: «Comment choisirais-je? Vous êtes inséparables. Les yeux qui vous ont vues passer l'une sans l'autre n'ont surpris qu'une ombre stérile. De même que la vertu sincère ne se prive pas des joies éternelles que la volupté lui apporte, de même la mollesse irait mal sans une certaine grandeur d'âme. Je vous suivrai toutes deux. Montrez-moi la route.»—Aussitôt qu'il eut achevé, les deux divisions se confondirent, et Odysseus connut qu'il avait parlé à la grande déesse Aphrodite.
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Le personnage féminin qui occupe la première place dans le roman qu'on va feuilleter est une courtisane antique; mais, que le lecteur se rassure: elle ne se convertira pas.
Elle ne sera aimée ni par un saint, ni par un prophète, ni par un dieu. Dans la littérature actuelle, c'est une originalité.
Courtisane, elle le sera avec la franchise, l'ardeur et aussi la fierté de tout être humain qui a vocation et qui tient dans la société une place librement choisie; elle aura l'ambition de s'élever au plus haut point; elle n'imaginera même pas que sa vie ait besoin d'excuse ou de mystère: ceci demande à être expliqué.
Jusqu'à ce jour, les écrivains modernes qui se sont adressés à un public moins prévenu que celui des jeunes filles et des jeunes normaliens ont usé d'un stratagème laborieux dont l'hypocrisie me déplaît: «J'ai peint la volupté telle qu'elle est, disent-ils, afin d'exalter la vertu.» En tête d'un roman dont l'intrigue se déroule à Alexandrie, je me refuse absolument à commettre cet anachronisme.
L'amour, avec toutes ses conséquences, était pour les Grecs le sentiment le plus vertueux et le plus fécond en grandeurs. Ils n'y attachèrent jamais les idées d'impudicité et d'immodestie que la tradition israélite a importées parmi nous avec la doctrine chrétienne. Hérodote (I, 10) nous dit très naturellement: «Chez quelques peuples barbares c'est un opprobre que de paraître nu.» Quand les Grecs ou les Latins voulaient outrager un homme qui fréquentait les filles de joie, ils l'appelaient μοῖχος ou mœchas, ce qui ne signifie pas autre chose qu'adultère. Un homme et une femme qui, sans être engagés d'aucun lien par ailleurs, s'unissaient, fût-ce en public et quelle que fût leur jeunesse, étaient considérés comme ne nuisant à personne et laissés en liberté.
On voit que la vie des anciens ne saurait être jugée d'après les idées morales qui nous viennent aujourd'hui de Genève.
Pour moi, j'ai écrit ce livre avec la simplicité qu'un Athénien aurait mis à la relation des mêmes aventures. Je souhaite qu'on le lise dans le même esprit.
A juger les Grecs anciens d'après les idées actuellement reçues, pas une seule traduction exacte de leurs plus grands écrivains ne pourrait être laissée aux mains d'un collégien de seconde. Si M. Mounet-Sully jouait son rôle d'Œdipe sans coupures, la police ferait suspendre la représentation. Si M. Leconte de Lisle n'avait pas expurgé Théocrite, par prudence, sa version eût été saisie le jour même de la mise en vente. On tient Aristophane pour exceptionnel? mais nous possédons des fragments importants de quatorze cent quarante comédies, dues à cent trente-deux autres poètes grecs dont quelques uns, tels qu'Alexis, Philétaire, Strattis, Euboule, Cratinos nous ont laissé d'admirables vers, et personne n'a encore osé traduire ce recueil impudique et charmant.
On cite toujours, en vue de défendre les mœurs grecques, l'enseignement de quelques philosophes qui blâmaient les plaisirs sexuels. Il y a là une confusion. Ces rares moralistes réprouvaient les excès de tous les sens indistinctement, sans qu'il y eût pour eux de différence entre la débauche du lit et celle de la table. Tel, aujourd'hui, qui commande impunément un dîner de six louis pour lui seul dans un restaurant de Paris eût été jugé par eux aussi coupable, et non pas moins, que tel autre qui donnerait en pleine rue un rendez-vous trop intime et qui pour ce fait serait condamné par les lois en vigueur à un an de prison.—D'ailleurs, ces philosophes austères étaient regardés généralement par la société antique comme des fous malades et dangereux: on les bafouait sur toutes les scènes; on les rouait de coups dans la rue; les tyrans les prenaient pour bouffons de leur cour et les citoyens libres les exilaient quand ils ne les jugeaient pas dignes de subir la peine capitale.
C'est donc par une supercherie consciente et volontaire que les éducateurs modernes, depuis la Renaissance jusqu'à l'heure actuelle, ont représenté la morale antique comme l'inspiratrice de leurs étroites vertus. Si cette morale fut grande, si elle mérite en effet d'être prise pour modèle et d'être obéie, c'est précisément parce que nulle n'a mieux su distinguer le juste de l'injuste selon un critérium de beauté, proclamer le droit qu'a tout homme de rechercher le bonheur individuel dans les limites où il est borné par le droit semblable d'autrui, et déclarer qu'il n'y a sous le soleil rien de plus sacré que l'amour physique, rien de plus beau que le corps humain.
Telle était la morale du peuple qui a bâti l'Acropole, et si j'ajoute qu'elle est restée celle de tous les grands esprits, je ne ferai que constater la valeur d'un lieu commun, tant il est prouvé que les intelligences supérieures d'artistes, d'écrivains, d'hommes de guerre ou d'hommes d'état n'ont jamais tenu pour illicite sa majestueuse tolérance. Aristote débute dans la vie en dissipant son patrimoine avec des femmes de débauche; Sapho donne son nom à un vice spécial; César est le mœchus calvus;—mais on ne voit pas non plus Racine se garder des filles de théâtre, ni Napoléon pratiquer l'abstinence. Les romans de Mirabeau, les vers grecs de Chénier, la correspondance de Diderot et les opuscules de Montesquieu égalent en hardiesse l'œuvre même de Catulle. Et, de tous les auteurs français, le plus austère, le plus saint, le plus laborieux, Buffon, veut-on savoir par quelle maxime il entendait conseiller les intrigues sentimentales: «Amour! pourquoi fais-tu l'état heureux de tous les êtres et le malheur de l'homme?—C'est qu'il n'y a dans cette passion que le physique qui soit bon, et que le moral n'en vaut rien.»
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D'où vient cela? et comment se fait-il qu'à travers le bouleversement des idées antiques la grande sensualité grecque soit restée comme un rayon sur les fronts les plus élevés?
C'est que la sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessire et créatrice, du développement intellectuel. Ceux qui n'ont pas senti jusqu'à leur limite, soit pour les aimer, soit pour les maudire, les exigences de la chair, sont par là même incapables de comprendre toute l'étendue des exigences de l'esprit. De même que la beauté de l'âme illumine tout un visage, de même la virilité du corps féconde seule le cerveau. La pire insulte que Delacroix sût adresser à des hommes, celle qu'il jetait indistinctement aux railleurs de Rubens et aux détracteurs d'Ingres, c'était ce mot terrible: eunuques!
Mieux encore: il semble que le génie des peuples, comme celui des individus, soit d'être, avant tout, sensuel. Toutes les villes qui ont régné sur le monde, Babylone, Alexandrie, Athènes, Rome, Venise, Paris, ont été, par une loi générale, d'autant plus licencieuses qu'elles étaient plus puissantes, comme si leur dissolution était nécessaire à leur splendeur. Les cités où le législateur a prétendu implanter une vertu artificielle, étroite et improductive, se sont vues, dès le premier jour, condamnées à la mort totale. Il en fut ainsi de Lacédémone, qui, au milieu du plus prodigieux essor qui ait jamais élevé l'âme humaine, entre Corinthe et Alexandrie, entre Syracuse et Milet, ne nous a laissé ni un poète, ni un peintre, ni un philosophe, ni un historien, ni un savant, à peine le renom populaire d'une sorte de Bobillot qui se fit tuer avec trois cents hommes dans un défilé de montagnes sans même réussir à vaincre. Et c'est pour cela qu'après deux mille années, mesurant le néant de la vertu spartiate, nous pouvons, selon l'exhortation de Renan, «maudire le sol où fut cette maîtresse d'erreurs sombres, et l'insulter parce qu'elle n'est plus».
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Verrons-nous jamais revenir les jours d'Éphèse et de Cyrène? Hélas! le monde moderne succombe sous un envahissement de laideur. Les civilisations remontent vers le nord, entrent dans la brume, dans le froid, dans la boue. Quelle nuit! un peuple vêtu de noir circule dans les rues infectes. À quoi pense-t-il? on ne sait plus; mais nos vingt-cinq ans frissonnent d'être exilés chez des vieillards.
Du moins, qu'il soit permis à ceux qui regretteront pour jamais de n'avoir pas connu cette jeunesse enivrée de la terre, que nous appelons la vie antique, qu'il leur soit permis de revivre, par une illusion féconde, au temps où la nudité humaine, la forme la plus parfaite que nous puissions connaître et même concevoir puisque nous la croyons à l'image de Dieu, pouvait se dévoiler sous les traits d'une courtisane sacrée, devant les vingt mille pèlerins qui couvrirent les plages d'Éleusis; où l'amour le plus sensuel, le divin amour d'où nous sommes nés, était sans souillure, sans honte, sans péché; qu'il leur soit permis d'oublier dix-huit siècles barbares, hypocrites et laids, de remonter de la mare à la source, de revenir pieusement à la beauté originelle, de rebâtir le Grand Temple au son des flûtes enchantées et de consacrer avec enthousiasme aux sanctuaires de la vraie foi leurs cœurs toujours entraînés par l'immortelle Aphrodite.
Pierre Louÿs.
皮埃尔•路易(Pierre Louÿs,1870—1925),法国19世纪末20世纪初象征主义唯美派作家。集小说家、诗人、编辑、藏书家于一身。与著名文人纪德、王尔德、瓦莱里友情甚笃。1894年,出版散文诗集《比利提斯之歌》,成为其传世名著,在全世界广为流传。后被著名作曲家德彪西谱成多首乐曲。1896年,皮埃尔•路易出版第一部小说《阿芙洛狄特》。这是一本曾创下35万册的销售纪录的畅销书,为其赢得最受欢迎的情色文学作家的声望。它被改编成戏剧、电影,迄今已被翻译成世界多种文字,不断再版,经久不衰。
译者简介:丁世中,毕业于北京大学法语系,外交部资深高级翻译,法语翻译家。
译著有:巴尔扎克《人间喜剧》、马尔罗《人的境遇》、加缪《局外人》、萨特《自由之路》、《阿芙洛狄特》等。
奔着香艳去的,结果书中的配图和描写纯洁得像艺术,那图片就是一脸的冷傲,可以想象一下,一个抱着胳膊斜眼45度向上还一抖一抖的女神范,是不是香艳全无啊。 书还是比较好看的,有的地方好像被删了还是怎么了,不怎么连贯。例如女主不是决定不履行诺言不带那三个致命的礼物么,...
评分没有一页不谈性,但是感觉很唯美,又有希腊风俗味,没有直叙交合的情节,让人感觉像看了首长诗。借人物的口讲爱情哲学,方式让我想起王尔德。初看是小说,实际上是剧本,故事整体架构也有意模仿古希腊的戏剧。 人名翻译不太像大陆的,注释页码也有问题,也许是因...
评分没有一页不谈性,但是感觉很唯美,又有希腊风俗味,没有直叙交合的情节,让人感觉像看了首长诗。借人物的口讲爱情哲学,方式让我想起王尔德。初看是小说,实际上是剧本,故事整体架构也有意模仿古希腊的戏剧。 人名翻译不太像大陆的,注释页码也有问题,也许是因...
评分 评分奔着香艳去的,结果书中的配图和描写纯洁得像艺术,那图片就是一脸的冷傲,可以想象一下,一个抱着胳膊斜眼45度向上还一抖一抖的女神范,是不是香艳全无啊。 书还是比较好看的,有的地方好像被删了还是怎么了,不怎么连贯。例如女主不是决定不履行诺言不带那三个致命的礼物么,...
初次接触《 Aphrodite 》,我立刻被它的装帧设计所吸引。那种低调奢华的质感,配合着沉静典雅的字体,散发出一种非凡的艺术气息。当我翻开书页,那细腻而富有弹性的纸张触感,以及淡淡的油墨香,瞬间便将我带入了一个属于文字的宁静世界。作者的文笔,简直可以说是“雕虫小技,却能妙笔生花”。他能够用最简练的语言,勾勒出最生动的画面,用最普通的词汇,表达出最深刻的情感。我尤其欣赏他在描绘人物内心世界时的那种细腻入微。他不会直接告诉你角色的想法,而是通过他们的言谈举止,他们细微的面部表情,甚至是沉默时空气中弥漫的情绪,让你自己去体会,去感受。这种“犹抱琵琶半遮面”的叙事方式,反而更能激发读者的想象力,也让每一个人物都显得更加立体和真实。我经常会因为作者对某个场景的描绘而停下阅读,久久地凝视,仿佛自己也置身其中,能闻到花香,听到鸟鸣,感受到微风拂过脸颊的轻柔。这种身临其境的体验,是许多书本难以给予的。而书中关于情感的探讨,更是让我深思。它没有刻意去宣扬某种价值观,也没有强加给读者任何道理,而是通过人物的经历,通过他们之间的互动,让你自己去领悟,去思考。这本书,就像是一个神秘的宝盒,每一次打开,都能发现新的惊喜。它不是那种让你一口气读完的“快餐”,而是需要你慢慢品味,细细咀嚼,才能体会到其中醇厚的韵味。
评分《 Aphrodite 》这本书,在我拿到它的时候,就被它那种低调而又充满质感的封面设计所吸引。它不像那些花里胡哨的书籍,却有一种沉静而耐人寻味的气质。翻开书页,我更是被作者那如诗如画般的文字所打动。他叙事的手法,细腻而富有张力,仿佛在为我描绘一幅幅色彩斑斓的油画。我喜欢他对于细节的刻画,那些微小的动作,一个眼神的流转,都被他描绘得栩栩如生,让你仿佛置身于故事之中,亲身经历着一切。尤其让我着迷的是,作者对人物内心的描写,那种深入骨髓的刻画,让你能感受到角色的喜怒哀乐,他们的挣扎与渴望。他没有刻意去渲染,也没有故作高深,而是用一种极其自然的方式,将人物的情感世界展现得淋漓尽致。读这本书,就像是在进行一场心灵的对话,每一次阅读,都能从中获得新的感悟和启发。它不是那种让你匆匆翻阅的读物,而是需要你放慢脚步,细细品味,才能体会到其中蕴含的深刻含义。它给我带来的,不仅仅是故事的精彩,更是一种对人性的洞察,一种对生活的热爱。我喜欢这种能够让我沉浸其中,并且有所收获的书,它是我书架上的一颗璀璨明珠。
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评分这本《 Aphrodite 》啊,我拿到手的时候,就被它那个封面深深吸引了。那种柔和的色彩,若隐若现的光泽,还有那个精致到骨子里的字体,一看就知道是费了心思的。迫不及待地翻开,我原本以为会是一本轻松愉快的读物,毕竟书名听起来就带着某种希腊神话的浪漫色彩,让人联想到爱与美。然而,随着阅读的深入,我逐渐发现,这本书远比我预期的要丰富和深刻得多。作者在字里行间中,巧妙地编织着一个庞大而细腻的世界,每一个细节都仿佛经过了精心雕琢。我常常会因为一个词语,一个比喻,甚至是标点的使用,而停下来反复品味。那种感觉就像是在一座古老而宏伟的建筑里漫步,每一次转角都能发现意想不到的惊喜,每一个回廊都诉说着古老的故事。我注意到作者在人物塑造上极其用心,他们不是扁平的符号,而是鲜活的存在,有着各自的喜怒哀乐,有着难以言喻的挣扎与渴望。他们的对话,时而如潺潺流水般自然流畅,时而又如雷霆万钧般震撼人心。我甚至能感受到他们呼吸的节奏,听到他们心跳的频率。更让我着迷的是,作者对情感的描绘,那种深邃而复杂的爱,那种难以割舍的羁绊,那种在命运洪流中挣扎的无力感,都被刻画得淋漓尽致,让人感同身受。我曾有好几次,在读到某个情节时,眼眶不自觉地湿润了,那是一种被深深触动的痕迹,是文字力量最直接的证明。这本书就像是一坛陈年的老酒,初尝时或许有些醇厚,但越品越能品出其中的回甘,越发觉得它的层次感和深度。它没有刻意去煽情,也没有故作高深,只是静静地讲述着一个故事,却足以在读者的心中激起层层涟漪,久久不能平息。我非常喜欢这种沉浸式的阅读体验,仿佛自己也成为了故事的一部分,与书中人物一同经历着他们的悲欢离合。
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评分《 Aphrodite 》这本书,说实话,一开始吸引我的,是它那个听起来就很有故事的名字。拿到手之后,它那朴实无华却又透着一股子考究的书脊设计,以及那种触感极佳的纸张,就已经让我觉得这是一个值得细细品味的物件。作者的笔触,我只能用“游刃有余”来形容。他叙事的时候,不疾不徐,就像是一位经验丰富的说书人,总能在你最 the moment 感觉不到的 时候,抛出一个让你意想不到的转折,或者让你豁然开朗的铺垫。我喜欢他对于人物的塑造,那种真实得不能再真实的感觉。他们不是完美无缺的圣人,也不是十恶不赦的恶棍,而是充满着人性的复杂和矛盾。我能从他们的身上,看到自己曾经的影子,看到我身边朋友的挣扎,看到我们每个人在生活中都会遇到的困境和选择。特别是他对情感的描绘,那种细腻、那种克制,却又充满了力量,让我反复咀嚼,回味无穷。我曾经在读到某个情节时,眼泪就那样悄无声息地流了下来,不是因为情节有多么惨烈,而是因为那种情感上的共鸣,那种直击心灵的触动,让我觉得,作者真的懂我们。这本书,它就像是一场漫长的旅行,沿途的风景,有繁花似锦,也有荒漠孤烟,但每一步都充满了惊喜和思考。我喜欢这种在阅读中不断自我发现的过程,喜欢这本书带给我的那种深沉而持久的影响。它不是那种读完就丢在一旁的书,而是会在你的脑海里,在你的心里,留下深深的印记,让你在未来的某个时刻,还会想起它,还会被它所打动。
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